Oubliez la climatisation, l’essentiel n’est pas là : ce sont les billets qui font transpirer les voyageurs. Transporter de l’argent liquide en traversant une frontière ressemble parfois à un parcours d’obstacles, où chaque pays pose ses propres jalons. Les règles, établies pour freiner le blanchiment d’argent et contrer les réseaux criminels, varient sensiblement d’un État à l’autre.
En Europe, la barre est fixée à 10 000 euros, qu’il s’agisse d’euros ou de leur équivalent dans une autre devise. Aux États-Unis, même seuil, mais en dollars. Franchir cette limite sans lever le doigt peut vous coûter cher : la sanction guette, et la saisie pure et simple du pactole n’est pas qu’une menace théorique.
Les règles générales sur le transport de devises sans déclaration douanière
Impossible de passer à côté : le transport de devises sans déclaration repose sur des règles précises. Tout adulte qui emporte sur lui l’équivalent ou plus de 10 000 euros, qu’il s’agisse d’espèces, d’or, d’instruments négociables au porteur ou de cartes prépayées, doit se signaler aux douanes. Il ne suffit pas de fractionner les sommes : c’est le total qui compte. Plusieurs enveloppes, une seule obligation.
Pour garantir la traçabilité de ces flux, les douanes surveillent la procédure. En France, le service en ligne Dalia allège la démarche pour les voyageurs : quelques clics, et la déclaration est enregistrée, conformément à l’article L152-1-2 du Code monétaire et financier.
| Type de valeur | Seuil de déclaration |
|---|---|
| Espèces | 10 000 euros |
| Instruments négociables au porteur | 10 000 euros |
| Or | 10 000 euros |
| Cartes prépayées | 10 000 euros |
Prendre ces règles à la légère expose à des déconvenues sérieuses : l’argent non déclaré peut être confisqué, et la suite n’a rien d’agréable. Se plier à ces exigences évite bien des tracas lors d’un contrôle douanier.
Les montants autorisés au sein de l’Union européenne
Voyager dans l’Union européenne rime avec mobilité, mais la liberté s’accompagne de quelques limites sur les quantités transportées. En matière de tabac et d’alcool, les seuils sont clairs : dépasser, c’est risquer de voir la marchandise retenue.
Voici les quantités que chaque voyageur majeur est en droit de transporter sans formalité particulière :
- Tabac : 800 cigarettes, 400 cigarillos, 200 cigares ou 1 kg de tabac à fumer.
- Alcool : 10 litres de spiritueux, 20 litres de vin fortifié, 90 litres de vin (dont 60 litres maximum de mousseux) et 110 litres de bière.
En dessous de 17 ans, aucun tabac ni alcool ne passe. Pour le reste, la franchise en valeur dépend de l’âge et du mode de transport. Voici les plafonds applicables :
| Âge du voyageur | Franchise en valeur |
|---|---|
| Moins de 15 ans | 150 € |
| 15 ans et plus (par voie terrestre ou maritime) | 300 € |
| 15 ans et plus (par voie aérienne) | 430 € |
Ces montants existent pour faciliter les contrôles et garantir la fluidité des déplacements au sein de l’UE, sans sacrifier la lutte contre les excès. C’est le compromis trouvé entre la libre circulation et le contrôle nécessaire à l’équilibre économique.
Les montants autorisés à l’entrée et à la sortie de l’Union européenne
Lorsque le voyage sort de l’espace européen, le passage se fait sous le regard attentif de la douane. Toute personne arrivant ou quittant l’UE avec 10 000 euros ou plus, espèces, or, instruments négociables ou cartes prépayées, doit remplir une déclaration. Cette formalité peut s’effectuer physiquement ou via le service Dalia.
| Type de devise | Montant à déclarer |
|---|---|
| Espèces | ≥ 10 000 € |
| Instruments négociables au porteur | ≥ 10 000 € |
| Or | ≥ 10 000 € |
| Cartes prépayées | ≥ 10 000 € |
Des territoires comme les DOM, les îles anglo-normandes, les Canaries ou Andorre appliquent aussi leurs propres franchises. Le cas algérien illustre bien cette diversité : au-delà de 1 000 euros, la déclaration devient obligatoire. Pour les résidents, le plafond grimpe à 10 000 dinars algériens ; pour les non-résidents, le seuil d’exportation s’établit à 7 500 euros.
Dans la pratique, la douane algérienne réclame une déclaration pour tout montant supérieur à 1 000 euros. Les résidents peuvent sortir jusqu’à 7 500 euros, tandis que les non-résidents restent limités à 10 000 dinars algériens.
L’objectif reste le même : éviter que l’argent liquide ne serve des intérêts douteux. L’article L152-1-2 du code monétaire et financier encadre strictement ces flux, et la moindre entorse peut entraîner la saisie des sommes transportées. Les contrôles, eux, ne faiblissent pas, car la vigilance s’impose pour protéger la stabilité économique.
Sanctions en cas de non-déclaration des devises
Faire l’impasse sur la déclaration des devises, c’est s’exposer à des mesures qui ne laissent aucune place à l’improvisation. Les sommes non signalées, dès qu’elles franchissent le seuil des 10 000 euros, peuvent être confisquées. L’amende, elle, s’adapte à la gravité de l’infraction et à l’historique du voyageur : parfois un simple pourcentage, parfois bien plus.
La sanction ne s’arrête pas toujours là. Selon l’article L152-1-2 du code monétaire et financier, une récidive ou un montant particulièrement élevé peut ouvrir la voie à des poursuites pénales. Jusqu’à cinq ans de prison, si la justice le décide.
Pour rester dans les clous, mieux vaut anticiper : espèces, or, instruments négociables ou cartes prépayées doivent être signalés dès lors que la valeur franchit la barre des 10 000 euros. Le téléservice Dalia ou le guichet des douanes offrent deux portes d’entrée simples pour la déclaration.
Voyager avec l’esprit tranquille : une déclaration bien remplie vaut mieux qu’un butin confisqué. Les règles sont posées, les risques aussi. À chacun de choisir sur quelle route avancer.


